13 février 2011

Ce qui est sympa dans les évaluations, ce sont les pré-évaluations. Aller seul sur le terrain, étudier la géographie de la zone, la répartition des équipes, engager les premiers contacts avec les autorités et la population, expliquer le but et la méthodologie de l’enquête, trouver les logements, les cuisinières, l’eau, les latrines, négocier les prix… Tout est à inventer, créer, imaginer en fonction de la situation que l’on découvre.

Hier donc, pré-évaluation à Reymond. La première difficulté a été de trouver… la route… Leur rengaine favorite, je pense, est « comme d’habitude ». Dès que l’on propose un nouvel itinéraire, un nouvel outil, une nouvelle approche, une nouvelle idée, on se retrouve facCroixe à un refus direct : « on ne fait pas comme ça d’habitude ! ». Nous avons donc essayé toutes les routes les unes après les autres avant de revenir à celle que j’avais indiquée au début mais qui, étant étranger, bien entendu, ne pouvait pas être la bonne… La démonstration par l’absurde… Dommage… Ensuite, ça monte, sec, très sec, très très sec ! Puis on arrive sur la ligne de crête et on domine à nouveau un paysage fabuleux de ravines abritant de petites maisonnettes dans un oasis de bananiers. Le responsable local nous attendait et nous emmène explorer la zone… jusque chez lui ! Café. Finalement, nous repartons et trouvons un sommet offrant une vue globale de la zone. Avec son aide, je dessine un plan sommaire. Puis nous retournons chez lui car, après 15 mn de palabres, sa maison semble être le seul endroit dans lequel il acceptera que nous logions. Négociations des détails donc… et retour à la voiture sous une belle averse. L’eau ayant détrempé l’argile, nous voici bloqués au bout de la route. Il ne reste plus qu’à laisser le véhicule sous la vigilance de trois gardiens et de redescendre à pieds. 1h30 de ballade supplémentaire au programme ! Quant à la voiture, espérons que nous pourrons la récupérer demain…

Aujourd’hui, tandis que les équipes d’évaluateurs travaillaient dans la zone explorée la veille, je suis parti préparer l’étape suivante. Comme guides, un couple revenant du marché avec deux mulets. A la queue leu-leu, nous suivons donc le sentier qui épouse toutes les Muletscourbes des montagnes. Puis madame s’arrête pour discuter et son homme ne pouvant gérer les deux animaux de bat, me voici promu « assistant chauffeur de mulet ». Armé de ma brindille, je chatouille avec attention les flancs de l’animal dès que le rythme ralenti. Les passants se marrent en me voyant mais il faut un commencement à tout ! Finalement, c’est sous un nouveau déluge que nous arrivons à Découvert, quelques maisons accrochés au versant et dominant de 500 m le torrent qui serpente tout en bas. Une église de bois et de tôles nous servira de refuge dans les prochains jours. Une infirmière y loge déjà avec son enfant en bas âge. Travaillant pour une autre ONG, elle « gère » un centre avancé de prise en charge des malades du choléra. Mais comme il n’y a pas de malades, depuis une vingtaine de jours, ses activités tournent plutôt autour de l’éducation à l’hygiène. Tant mieux ! Et avec une voisine pareille, nous serons bien protégés ! Retour à la course car le temps presse et la nuit tombe. Je retrouve les équipes aux voitures. Leur bilan est mitigé pour la journée. Elles feront mieux demain ! Inch’allah…

Posté par LoinAilleurs à 02:28 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires sur Ce qui est sympa dans les évaluations, ce sont

    Arriver "sous le déluge à Découvert" ça ne s'invente pas !
    Mets ta capuche et soit gentil avec mes cousins les mulets !

    Posté par Anne, 14 février 2011 à 10:04 | | Répondre
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