19 février 2011

Convoi_de_d_partRéunis autour d’un thé au gingembre et à la cannelle, très sucré, les évaluateurs discutent bruyamment d’informatique, de politique, de religion. De politique surtout ! Dehors, sur une table, dans la nuit, à la lueur d’une lampe solaire, certains poursuivent une partie de dominos acharnée. Les cris fusent. Depuis hier, nous voici installés à Découvert, à proximité de Bois Gandou, une nouvelle et troisième zone de travail. La plus isolée. Il nous a fallu 3h de marche, depuis la fin de la piste, pour rallier cette église de tôle que les autorités nous prêtent quelques jours. Un convoi de neuf mulets et deux porteurs transportaient la nourriture, le charbon, les matelas, les couvertures, le matériel d’enquête. Un micro-générateur est venu compléter l’équipement pour recharger l’ordinateur. Nous voici (presque) en autonomie complète pour 5 à 6 jours.

Un léger terreplein devant notre refuge servait d’héliport les premiers mois après le séisme. Cet espace pourrait aujourd’hui accueillir un stock, éventuellement, mais les hélicoptères ont à présent quitté Haiti. L’urgence est terminée.  

L’accueil de la population est très chaleureux, certainement en corrélation avec leur isolement et la rareté des aides qui arriventLieu_de_vie jusqu’à ici, mais pas uniquement. Les gens sont heureux de nous croiser, de nous guider lorsque nous sommes perdus, de nous offrir du café, du pain, de nous faciliter la vie quotidienne. Cela change de la polie indifférence des jours précédents.

La population vit essentiellement en autosuffisance. Tout le monde cultive une parcelle de pente abrupte. Des ignames, des bananes, des pois, des patates douces. Parfois un cabri ou une poule. L’eau est éloignée mais moins rare qu’à Bereau. Malgré la boue omniprésente sur les sentiers, en ce début de saison des pluies, chacun porte des vêtements impeccables une fois le travail des champs terminé. Les élèves sont encore et toujours en uniforme, les petites filles des nœuds blancs plein les cheveux.

CuisinieresLes rires et les éclats de voix résonnent dans la nuit étoilée. Les mornes, elles, dessinent des ombres sombres. Pas une lumière là où s’accrochent des centaines de masures pendant la journée. Sans électricité, chacun vit au rythme du soleil. Levé vers 5h, dernier repas vers 16h30 et couché à 19h. Nous avons adopté les horaires. Après de longues heures de marche, le repos est de toute manière le bienvenu.

Posté par LoinAilleurs à 18:44 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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