06 février 2011

DindonsLes journée se suivent et se ressemblent. La boule de feu écarlate du soleil perce les nuages et l’horizon vers 6h20 et réchauffe rapidement l’atmosphère humide. Depuis 4h30 environ, les équipes discutent sous leur couverture, avec passion, avec véhémence. Impossible de dormir. L’herbe et les tentes sont trempées de rosée. Quelques dindons viennent boire dans les rigoles. Commencent alors 2h poussives pour mettre chacun au travail. Le petit déjeuner, constitué de pommes de terre, de bananes cuites, ou de spaghettis se fait toujours attendre. Entre deux discussions sur le bienfondé de l’adoption (« et les parents, à partir de quand ils peuvent revoir leur enfant ? ») ou sur la politique d’aide des états européens (« Il est vraiment bien, Sarkozy, de s’intéresser à Haïti ! »), je profite de ce retard systématique pour un débriefing de la veille et la distribution des listes des personnes à visiter pour la journée.

A 7h, c’est le premier contact téléphonique de sécurité avec la base de Petit Gôave. L’occasion également de régler détails logistiques et échanger quelques nouvelles du vaste monde.

Enfin, peu à peu, chacun se disperse, le ventre plein, une gamelle à la main pour l’encas de mi-journée, mètre et GPS à la ceinture, appareil photo autour du cou. Je me retrouve seul, avec le chauffeur de garde, et je me plonge dans la saisie fastidieuse desAutre_bureau questionnaires remplis la veille. Travail monotone et répétitif, interrompu toutes les 2h par l’épuisement de la batterie de mon ordinateur. Je quitte alors la tente qui me sert de bureau pour le 4x4, l’ordinateur branché sur l’allume-cigare ou encore la salle de garde, avec fusil à pompe, de l’antenne relais Digicel, au sommet de la montagne, équipée d’un générateur fonctionnant en permanence.

La journée se passe ainsi, parsemée de visites de telle ou telle autorité, venant discuter les détails du projet, de voisins, venu admirer les maquettes de shelter qui traînent, ou trônent, sur la table en plastique à côté de l’imprimante, ou simplement d’enfants, qui se posent, assis, et observent, observent, observent.

Vers 16h, les équipes commencent à revenir, en ordre dispersé. Je récupère les listes et les questionnaires complétés. Nous Retour_de_sourcediscutons sur les rencontres et les évènements de la journée : Une vieille femme, abandonnée, qui a tellement ému les enquêteurs qu’ils lui ont donné 50 gourdes. L’éloignement des points d’eau, qui obligent à 2, 3, voire 4h de marche quotidienne. L’escarpement de certains sentiers que mêmes les mulets ne peuvent emprunter lorsqu’ils sont chargés.

Le repas servi, les uns et les autres se ruent sur leurs gamelles monstrueuses qui disparaissent en quelques minutes. Quel appétit ! C’est le temps également de la douche, parcimonieuse car l’eau est rare, d’un foot avec les enfants, de la détente.

Après 12h de course au-dessus de la tente, le soleil nous tire sa révérence dans un magnifique ballet toujoursFeu_d_artifice recommencé avec les nuages et l’océan. Le vent, qui souffle en continue, rafraichit immédiatement le fond de l’air. Il est temps de sortir les pulls et de se cacher dans le 4x4 pour écouter la radio ou dans les tentes pour discuter. Je retourne à mon ordinateur et mes questionnaires pour quelques heures. Jusqu’à ce que mon ordinateur décide d’aller se coucher… sans avoir oublié le 2nd contact téléphonique, à 19h !

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